La ville, le centre d’un tout ou le milieu de nul part ?

Empty cites est un travail construit à partir des non-lieux temporaires de la ville, à ces lieux qui théâtralisent l’absence profonde de l’être humain désertant la suprématie et la froideur fabriquée d’architectures urbaines. En ce sens, Empty cities est une critique visuelle qui révèle la superficialité d’espaces urbains trop strictement fonctionnels, ou très rapidement délaissés que certains appellent aussi villes fantômes.

Le simulacre révélé, l’attention coloriste ou architectonique me permet ensuite de saisir ces espaces comme des plans de séquences cinématographiques dont je laisse l’aboutissement à celui qui s’y projette. Sans se circonscrire sur elle-même, chaque photographie est donc à pénétrer comme le décor contenant la mise en scène d’une histoire éventuelle. En envisageant mes prises de vues comme des décors de théâtre ou des studios de tournage inemployés, le simulacre, poussé à son paroxysme, me permet alors de ne plus me résoudre sur l’échec de cet urbanisme postmoderne. A contrario, il réaffirme les bienfaits utopiques de la Cité pour l’homme: ceux d’être ensemble, d’imaginer ou d’échanger pour réinventer les tenants d’un possible.

NB / Empty cities est la continuité d’un projet éditorial nommé 514. Edité par Cas Génitif (collectif de photographe ) en 2008, cet ouvrage est le résultat de rencontres photographiques et littéraires réalisées en collaboration avec Charlotte Auricombe.

The city, the center of a whole or the middle of nowhere?

Empty Cities is a work constructed from non-temporary places of the city, places that dramatize the profound lack of human presence, supremacy and coldness of certain urban architecture. In this sense, Empty Cities is a critical vision that reveals the superficiality of strictly functional urban spacesor quickly abandoned that some also call ghost cities.

The simulacrum revealed, the architectonic or colorist details allow me to approach these spaces as motion picture planes. Thus, without self-imposed limits, each photograph is to be considered like the backdrop of a possible story where the outcome is left to the spectators. By considering my shots like stage sets or unused movie studios, the simulacrum, pushed to its paroxysm, allows me to go further, beyond of the failure of this post-modern urbanism. On the contrary, it reaffirms the benefits of city for human : to unite, imagine or exchange in order to rethink other possible alternatives.

NB / Empty cities is the continuation of an editorial project called 514. Edited by Cas Génitif collective in 2008, this book is the result of photographic and literary meetings conducted in collaboration with Charlotte Auricombe.